#Togo Le jour où l’#avion d’#Eyadema et sa cargaison spéciale finit dans un #crash entre Niamey et Lomé

 

Togo Le jour où l’avion d’Eyadema et sa cargaison spéciale finit dans un crasch entre Niamey et Lomé

  • Une importante sécurité composée de mercenaires sud-africains
    protégeait le Groupement aérien de transport et de liaison (GATL). Jean
    Pierre Moraux était chargé d’acheter les armes et le matériel en Afrique
    du Sud, celles que j’avais demandé pour la mission, et notamment si
    possible l’équivalent du lance-roquette français portable antichar, missile
    d’infanterie filoguidé par infrarouge à charge creuse utilisable de jour
    comme de nuit tel que le « Milan », (portée 200 à 2000 mètres) ou
    l’Apilas missile à usage unique à charge creuse capable de transpercé
    720 mm d’acier ou 2 m de béton, portée 500 m sur cible statique.
    J’entendais également effectuer des exercices d’entrainement de posés
    d’assauts avec l’avion de Jean-Pierre Moraux, le Beechcraft King Air 90
    qui devait nous servir pour l’opération, sur l’aéroport de Niamtougou
    dans le nord. Pour un vol tactique de jour ou de nuit, je pouvais compter
    sur un pilote expérimenté, Michel Restout personnage tout droit sorti
    d’un roman de Frédérik Forsyth ou de Pierre Shoendoerfferr. Restout a
    connu le Congo belge et le Katanga des années 60 avec ses
    mercenaires : Jean Schramme et Bob Denard de la bande des
    « Affreux ». Il avait été aussi pilote au service de Bokassa en RCA, puis
    de Mobutu au Zaïre. Dans les années 1980, Michel Restout atterrit à
    Lomé au Togo et propose ses services au Président Eyadema qui ça
    tombe bien, cherche un pilote européen pour son avion personnel qu’il
    vient d’acheter, un Boeing 707.C’est ainsi qu’il deviendra le chef pilote du
    « Air force One » togolais pendant 25 ans. Cet incurable célibataire,
    misogyne, un brin désabusé, écumait le soir les restaurants de Lomé
    tenus par les expatriés. Fume-cigarette rivée à la commissure des
    lèvres, jamais content du service qui à ses yeux était toujours trop lent,
    Michel Restout peste depuis quarante ans contre les noirs et en même
    temps ne plus se passer d’eux.
    Aux commandes du Boeing 707, le jeudi 21 septembre 2000, Michel
    Restout revient d’une liaison, Lomé-Orly-Lomé, la soute remplie de
    marchandises pour le compte du Président Eyadema qui ne fait partie du
    voyage.
    À bord de l’appareil se trouvent un dizaine de passagers.
    Michel, survol le désert du Ténéré, il n’est plus qu’à deux heures de la
    capitale togolaise. Soudain une hôtesse entre dans le cockpit et annonce
    au commandant de bord qu’une fumée très épaisse, sortie de nulle part
    envahie l’intérieur du fuselage. Restout décide immédiatement de se
  • dérouter sur Niamey, capitale du Niger et aéroport le plus proche. Petit à
    petit l’avion en vol se consume. Une épaisse fumée noire et danse
    envahit de plus en plus le cockpit.
    En phase atterrissage, Michel Restout
    aux commandes de son Boeing en détresse a de plus en plus de mal à
    distinguer et maintenir son appareil dans l’axe de la piste tant les
    émanations opaques et toxiques inhalées lui brûlent les yeux, la gorge,
    et les poumons. Enfin l’avion tant bien que mal se pose sur le ventre. Le
    choc est violent. Il prend feu et s’embrase. Michel Restout, l’équipage, et
    les passagers du Boeing 707 sortiront tous indemnes, les visages et les
    poumons noircis.
    Dans un avion de ligne, le seul endroit où il y a du feu ce sont les
    chambres à combustion des réacteurs. Le plus grand danger vient donc
    des passagers qui ne respectent pas les consignes de sécurité. Ceux qui
    embarquent en soute des produits interdits comme le transport par
    exemple illicite d’acide, de poudre, et autres produits inflammables telles
    que des canettes génératrices d’oxygènes qui peuvent à l’aide d’une
    réaction pyrotechnique sans même avoir besoin d’éléments externes
    sous certaines conditions dégager une quantité d’énergie et provoquer
    du feu ou une explosion. Le feu à bord d’un avion a toujours des
    conséquences catastrophiques et ne laisse généralement pas beaucoup
    de chance aux pilotes entre le moment ou le problème est perçu et le
    moment où l’avion n’est plus contrôlable. Il se passe généralement que
    quelques minutes dans le meilleur des cas. De nos jours, les avions les
    plus modernes disposent de détecteurs de fumée en soute donnant plus
    de temps de réaction en cas d’incendie. Mais le vieil avion de Restout lui
    n’en était pas équipé. Ce pilote de ligne chevronné, a par son sang-froid,
    et les bonnes réactions, réussit une prouesse saluée par ses pairs.
    Michel Restout aura aussi compris ce jour-là que si haut que l’on monte
    dans la vie, on finit toujours par des cendres.
    D.P.
    Ci-dessous Reste du Boeing 707 piloté par Michel Restout – Niamey (Niger)
  • Michel Restout était aussi pilote instructeur à l’aéro-club de Lomé.
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