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Netanyahu a-t-il fui l’AIPAC pour éviter Trump qui veut négocier la paix ?

Le Premier ministre est une star habituelle de la conférence annuelle du lobby de Washington. Il est resté à l’écart cette année alors que les Républicains occupent – enfin – le devant de la scène. Pourquoi ?

 

Les uns après les autres, les nouveaux leaders des Etats-Unis ont débarqué sur le podium de la conférence de l’AIPAC, cette semaine, pour saluer Israël, pays allié de l’Amérique et seule véritable démocratie du Moyen Orient.

Mike Pence, profondément ému de s’adresser à cet auditoire formé des meilleurs amis américains d’Israël, a raconté qu’il avait été élevé pour « chérir » Israël. Il a déclaré que chez lui, on « priait pour la paix à Jérusalem ». Il en a profité pour réaffirmer la pureté de l’amour qu’il a portée toute sa vie à l’état juif lors d’un discours où il a semblé retenir quelques larmes.

Nikki Haley s’est auto-proclamée « nouveau shérif » de l’ONU, se précipitant au chevet d’Israël après des années de souffrance passées entre les mains de cette institution « ridicule » et de ses agences, et promettant de « frapper à chaque fois » qu’un tort sera causé à l’état juif.

Paul Ryan a pour sa part fustigé l’administration Obama, coupable d’avoir « abîmé la confiance » qui est au coeur de la relation entre Israël et les Etats Unis, en grande partie en raison du « désastre absolu » représenté par l’accord du nucléaire iranien et promis, qu’au contraire, l’engagement du président actuel envers Israël était « sacro-saint ».

L'ambassadrice américaine aux Nations Unies Nikki Haley salue en recevant les applaudissements lors de son arrivée pour son intervention à la conférence annuelle de l'AIPAC à Washington, le 27 mars 2017 (Capture d'écran : AIPAC )

Les oreilles de Netanyahu ont du savourer ces déclarations d’amour. Après toutes ces années de Clinton au pluriel et d’Obama, le deuxième Premier ministre israélien à être resté aussi longtemps au service du pays, peut enfin travailler avec une administration républicaine, une administration qui semble tellement partager sa vision du monde – et de manière plus remarquable, – sa conviction que l’accumulation et l’usage de la force et du pouvoir sont essentiels pour le bien-être d’une nation.

Il paraît donc incroyablement étrange, alors que Netanyahu, qui est habituellement l’une des stars de l’AIPAC, ne se soit pas trouvé dans la salle pour entendre toutes ces déclarations d’amour faites par ces politiciens à destination du pays qu’il dirige.

Il n’était pas venu non plus l’année dernière pour éviter les différents champs de mine des candidats à la présidence américaine qui s’y exprimaient. Mais sur toutes les conférences politiques de l’AIPAC qui ont eu lieu à l’ère de Netanyahu, on aurait pu penser que celle de cette année était l’une à laquelle il se serait pressé d’assister – ce qui lui aurait également offert, comme cela a été si souvent le cas à l’occasion de ces conférences, l’opportunité d’un arrêt à la Maison Blanche pour un tête-à-tête présidentiel.

‘Pourquoi manquer cette opportunité de se délecter d’une adoration sans réserve pour Israël après toutes ces années d’amour conditionnel, dans le style de celui apporté par Obama ?’

La meilleure excuse que le Premier ministre a pu publiquement invoquer pour justifier son absence, cela a été la mauvaise blague qu’il a lancée au commencement de son discours par satellite, comme quoi « la liste d’attente pour l’inscription était trop longue ».

Une explication plus crédible pouvait être qu’il s’est peu trouvé en Israël ces dernières semaines, avec tous ses déplacements vers le Royaume Uni, l’Australie, la Russie et la Chine. Mais cela ne l’aurait pas empêché d’aller à Washington s’il l’avait vraiment désiré.

La crise de sa coalition non plus : Après tout, il a initié lui-même le chaos que nous connaissons actuellement dans notre politique nationale en retirant son soutien à l’établissement d’un nouveau radiodiffuseur d’état quelques heures seulement avant de s’envoler joyeusement pour la Chine il y a deux semaines. Et oui, il est vrai que cela fait à peine six semaines qu’il est revenu de son dernier séjour à Washington, y rencontrant le nouveau président à la Maison Blanche. Mais normalement, Netanyahu aurait dû savourer la perspective de rencontrer Donald Trump à deux occasions au tout début de sa présidence : Quelle meilleure preuve de l’importance de l’alliance entre les Etats Unis et Israël ?

Alors pourquoi ne pas s’être montré ? Pourquoi rater cette opportunité de se délecter d’une adoration sans réserve pour Israël après toutes ces années d’amour conditionnel dans le style d’Obama ?

Ce n’est pas l’Iran

L’administration Trump a été rapide à signaler l’aube d’une nouvelle ère aux Etats Unis concernant l’un des deux problèmes majeurs qui avait le plus créé de divisions entre Netanyahu et Barack Obama : l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Comme l’a noté Haley, les Etats Unis ont publiquement « mis en garde » l’Iran et observent ce qu’il s’y passe « comme un faucon ».

En coulisses, l’administration oeuvre à trouver des moyens cohérents pour déjouer le programme nucléaire de l’Iran et sauver les Etats-Unis de ce que Ryan qualifiait de « désastre absolu » qui avait été supervisé par l’administration Obama.

Le président américain Barack Obama (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre 2015. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Alors que l’accord était en train de prendre forme, lors des années Obama, Israël a été informé, avec un certain mépris, que l’état juif ne devait pas se plaindre, ignorant ce qui figurait dans la convention. Puis, lorsque l’accord a été passé, on a estimé, à tort, que les plaintes d’Israël n’étaient pas crédibles parce qu’aucune convention ne nous aurait semblé suffisamment bonne. Enfin, un an après, le président a affirmé, avec indignation, que les propres responsables de la sécurité en Israël avaient tardivement reconnu l’accord comme un grand changement positif.

Pour l’administration Trump, en revanche, Netanyahu reste le leader qui a combattu avec héroïsme un accord mal fichu qui a renforcé et enrichi l’Iran et ouvert l’accès aux bombes aux ayatollahs. Et il est un allié fiable dans cette initiative compliquée visant à régler le problème.

Dans ces premières journées de pouvoir chaotiques, sous la gouvernance d’un président impulsif et imprévisible, avec une administration qui manque non seulement d’expérience mais aussi de personnel, l’expertise régionale d’Israël est favorablement accueillie, également, lorsqu’il s’agit d’évaluer les autres défis posés par cette partie du monde, particulièrement en ce qui concerne la Syrie.

Tout cela, encore une fois, rend d’autant plus déconcertant l’absence de Netanyahu à Washington.

Véritablement, furieusement, profondément

Et là, nous nous tournons vers le problème israélo-palestinien. Et en effet, les eaux sont troubles. Beaucoup d’éléments laissent penser que cette administration sera plus dure envers Mahmoud Abbas que ne l’était Obama. Qu’a donc dit Haley ? « Jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne vienne à la table des négociations… Il n’y aura plus de cadeaux à faire à l’Autorité palestinienne ».

Et pourtant. L’ambassade ne déménage pas. Abbas a obtenu son invitation à la Maison Blanche. L’envoyé du président a visité des camps palestiniens. Et le président lui-même juge que les implantations viennent entraver les perspectives de paix, et demande à Netanyahu « un peu de retenue » dans les constructions. Beaucoup n’avaient pas vu cela arriver.

Maintenant, une carte blanche pour que le président puisse construire pour les Juifs partout en Israël, en Judée et en Samarie, n’aurait pas pu être non plus un cadeau pour Netanyahu. Comment aurait-il pu alors résister aux pressions exercées par le parti Habayit Habeyudi de Naftali Bennett et à une grande partie de sa propre faction du Likud, juste pour ça ? Pour construire. Partout.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Des heures d’entretien passées avec l’envoyé spécial de Trump Jason Greenblatt ne sont pas parvenues à produire un cadre convenu entre les deux parties pour ce qu’il s’agit des constructions dans les implantations, et c’est problématique pour Netanyahu qui (soupire qu’il) n’est pas véritablement désireux de se livrer à trop de constructions aux abords de Jérusalem-Est et dans les blocs d’implantations majeurs mais qui a promis en revanche d’offrir aux évacués de l’avant-poste d’Amona… une nouvelle implantation. Des sources des deux côtés parlent maintenant de tenter de trouver des « accords ». Et les accords restent bien trop susceptibles de mener à des malentendus.

Souvenez-vous lorsque Joe Biden s’est rendu en Israël en 2010, et qu’une petite anomalie bureaucratique a entraîné l’approbation spectaculaire de nouveaux logements à Ramat Shlomo, un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem qui avait été construit au-delà des lignes de 1967 ? Obama avait piqué une crise et Biden en était presque retourné chez lui.

Est-ce que vous pouvez imaginer comment Trump pourrait réagir si, surgissant des profondeurs des machinations impénétrables de la bureaucratie israélienne, l’initiative d’une implantation gênante était avancée à un moment sensible, alors que le président s’est engagé dans une tentative de paix entre les Israéliens et les Palestiniens ? Personne, honnêtement, ne peut savoir ce qu’il se produirait.

Et c’est bien là le problème. Le mot à Washington, c’est que Trump veut véritablement, furieusement, profondément négocier un accord, – et qu’il pense pouvoir y arriver. Face à toutes les évidences qui attestent du contraire. Et très probablement en raison de toutes ces évidences qui attestent du contraire.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry arrive à Amman, capitale de la Jordanie, le 26 mars 2014 (Crédit :  Jacquelyn Martin-Pool/AFP)

Pour autant que je puisse le voir, la très petite équipe que Trump a déployée pour se saisir de nos problèmes ne cherche pas à obtenir des suggestions sur les moyens de créer petit à petit un climat dans lequel cet accord manifestement impossible pourrait, un jour, devenir possible.

Elle recherche, au contraire – aussi erroné et dangereux que cela puisse paraître – à réaliser un accord israélo-palestinien. Et peu importe que, comme le comportement voué à l’échec de John Kerry avait pu le confirmer, il n’y ait simplement pas de conditions propices pour un accord permanent que les deux parties puissent accepter en théorie. C’est une mission impossible, décidée par un président qui ne prendra jamais un « non » pour réponse.

Au risque de se répéter : Il est simplement impossible de savoir où la poursuite déterminée par les Etats-Unis d’un accord israélo-palestinien pourra mener. Les attentes pourront être fortes et s’anéantir en entraînant des conséquences catastrophiques. Ou, dans l’impasse, Trump peut être amené à porter son attention ailleurs. Et ce ne sont que trois d’un grand nombre de scénarios impossibles à connaître à l’avance.

Maintenant, est-ce que cela explique pourquoi Netanyahu a choisi d’éviter Washington cette semaine – pour rester à l’écart d’un président qui a l’étincelle de la paix dans le regard ?

Eh bien, peut-être.

 

sssssssssssssssssssssssssssssssss

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